En permanence Galerie " Le gisant", 13 rue de l'Horloge  DINAN  22100

                     

 


Si la peinture est un langage, les mots s'envolent quand la couleur parle, ils se font poème du dedans, en dehors du sens.

La peinture de Victorine ouvre ce sens secret, au delà , quand les teintes invitent à la danse du ciel, en deça, quand les formes se font terrestres et sauvages.

La peinture s'est imposée chez elle avec la force de l'évidence, l'invité surprise qui la poussa à entreprendre ce chemin calme et vertigineux de la rencontre avec soi, le lent travail de défrichage de ce grand pays inconnu, aux beaux arts d'abord, puis à l'Académie Talens " Ile aux peintres " , île mystérieuse où s'élaborait en silence et avec la joie d'un rendez vous amoureux cette peinture vive, forte, parfois inquiétante comme une nature humaine exigeante et soudain dévoilée dans sa  fougue, parfois gaie dans ses couleurs de rêves d'enfant devenu adulte, toujours touchant de spontanéité et particulièrement évocateur lorsque l'humain y joue comme un enfant sérieux.

On a la sensation que Victorine offre à notre regard toutes les palettes de la voie  de l'émotion et crée le lien entre la couleur et l'expression profonde du caché, le mystère de la terre, les marrons, les ocres qui dévoilent le sentiment sécurisant d'appartenance à ce monde incarné où se répondent des verts d'automne ou de printemps, les teintes de roches émiéttées.

 Et puis, des envolées vers ces mondes acidulés comme des bonbons pleins d'une joie jaillissante comme des rires fontaines où la jubilation nous prend, ou encore des espaces aériens comme des mondes esquissés , esprits du ciel et de l'eau , et puis, des coups de tonnerre, des dévastations, des destructions; le ciel se referme et nous envoie dans les entrailles de la terre, une initiation chamanique dans ces univers multiples qui parfois se densifient et se figent dans une question qui invite, comme un miroir à regarder en nous.

Rien n'est inutile, pas un coup de pinceau qui ne révèle cette volonté d'aller au plus proche de soi, comme un cadeau offert, l'ultime don de soi.

 Je peins la toile jusqu'à ce que je la trouve...", dit-elle, à moins que ce ne soit elle, Victorine , qui soit trouvée par la peinture.

                                                                                                                        Texte de Soizic Pommier, peintre et auteur.

                                     

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